Le GEIQ Pastoralisme embauche ...



La campagne de recrutement des aides berger en contrat de professionnalisation pour la saison 2016-2017 est lancée !

 

Les missions

Seconder les éleveurs dans le travail quotidien, notamment la garde des troupeaux

Participer à 7 semaines de formation sur le métier d'aide berger

 

Le contexte

Élevage ovin des Alpes Maritimes

Zone de montagne

Protection des troupeaux dans le cadre de la prédation

Métier d'éleveur/berger

Transmission de savoir-faire

 

Le profil recherché

Passionné par l'élevage et la vie en montagne

Autonome, capable de gérer son quotidien dans des conditions difficiles

Capacité d'écoute et d'adaptation

Envie d'apprendre un métier                        

Débutant accepté

 

Les conditions du contrat

Contrat de professionnalisation d’un an

Prise de poste fin mars début avril 2016

 

Pour les candidats intéressés, merci de nous faire parvenir votre CV et votre lettre de motivation à appam06@yahoo.fr avant le 15 février 2016.

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à nous contacter au 06.20.96.11.87

N'hésitez pas à consulter la "gazette des aides berger" ci-dessous.

 



Voyage d'étude Action laine 2014


Hommage...

 

C'est avec tristesse que nous avons appris fin mars le décès de notre ami

Pascal BONNEVILLE.

 

Pascal, tu étais membre du bureau de notre association depuis de nombreuses années. Toujours fidèle à tes convictions lorsqu'il fallait défendre notre métier, partisan de la liberté de la brebis à vivre dans la nature sans prédation, partisan d'un mode d'élevage à l'ancienne, tu as fait partie de l'aventure sur la valorisation de la laine Brigasque avec la fabrication des tapis en partenariat avec l'APPAM. Tu auras donné de ton temps pour défendre notre cause.

 

Et si parfois, ta liaison avec ton amie la bouteille, nous a valu des réunions surréalistes, il est arrivé qu'on te prenne pour un farfelu, mais pour ceux qui te connaissaient bien, tous savaient que tu étais doté d'une intelligence et d'une humanité qui vont nous manquer.

 

Ciao l'ami !!!

 

Jean Pierre ISNARD, pour les membres de l'APPAM et du GEIQ.

 


La gazette des aides berger...

Retour d'expériences...


Gaëlle MARDAY, GEIQeuse 2014/2015

« Aide-bergère au Geiq : une année riche en émotions qui restera dans les mémoires. »

 

Un an à vivre dehors, ce n’est pas donné à tout le monde ; quelle expérience enrichissante ! Et surtout quelle chance de pouvoir observer la nature évoluer, bercée par le rythme des quatre saisons.

Douze mois pour découvrir et comprendre le monde de l’élevage : les bêtes mais aussi les éleveurs qui nous transmettre leur savoir-faire, nous confient leurs troupeaux sans trop de craintes et nous apprennent à garder (et non pas regarder) leurs brebis et/ou chèvres ainsi qu’à les soigner. Petit à petit, on apprend à mener le troupeau là où il faut, à appréhender ses habitudes donc à anticiper, à connaître le terrain, à faire confiance aux bêtes et bien évidemment à faire équipe avec son compagnon : le chien de conduite.

Méditer sous le soleil…et aussi sous la pluie (« L’eau c’est la vie : sans eau pas d’herbe, sans herbe pas de brebis, sans brebis pas de berger ! »), avoir une réelle liberté d’esprit, se surprendre à laisser aller ses pensées à la philosophie, prendre le temps d’observer la biodiversité; c’est aussi ça le métier. Profiter de la vie au grand air, en prendre plein les yeux, se donner à fond, vivre des moments magiques, blaguer avec les brebis, créer des liens avec les patous, rire et parfois même pleurer quand les nerfs lâchent (et en prime se faire consoler par une chèvre, merci « Bibi Poney »… !), se contrôler puis revenir au calme.

C’est justement cette non platitude qui me plaît et m’attire dans ce travail. De nature plutôt sereine, je me suis retrouvée dans des situations de tension inhabituelles, avoir la responsabilité des bêtes peut quelquefois monter à la tête, surtout quand elles ont décidé d’aller là où il ne faut pas. Cette année, je me suis redécouverte, j’ai appris à mieux me connaître, c’est un travail sur soi qui est loin d’être achevé. Une chose est sûre, contrairement à ce que l’on peut penser, les jours passent mais ne se ressemblent pas, il y a toujours un instant qui fait d’une journée sa particularité.

Gérer la solitude humaine avec le troupeau, savoir se débrouiller afin de vivre isolé au milieu des montagnes au fil des jours, des semaines et des mois. Léon - mon tendre et cher - m’a accompagnée dans cette belle aventure durant une bonne partie de l’année, il a su me redonner confiance dans les moments de doute. Pour cela, je le remercie sincèrement. Et bien sûr, c’est tout de même plus agréable de garder le troupeau et de vivre à la cabane à deux, le temps défile plus vite.

Ce travail m’a aidée à avancer psychologiquement et à rebondir dans la vie. Maintenant enfin, je me sens libre et épanouie. Pour être en harmonie avec le troupeau, il est nécessaire de trouver le subtil équilibre entre soi-même, les bêtes et la nature. Ayant toujours eu la passion des animaux, rêvant toute petite de devenir vétérinaire, aujourd’hui, je ne changerais pour rien au monde cette saine vie de pastre. Quel noble métier que celui d’entretenir les paysages d’hier et ceux de demain. Et dire que certains pensent que les bergers n’existent plus, flûte alors ! Battons-nous pour que ce savoir faire ancestral perdure encore et encore dans les générations à venir, au détriment de l’élevage intensif.

 

Je tiens à faire un petit clin d’œil à mes camarades « Geiqueurs », avec qui j’ai partagé de bons moments au cours de l’année :

Aurélio « brother », le chef cuisto du groupe, merci d’avoir toujours été à mon écoute, j’ai apprécié ces longues heures de bavardage,

Alex « tonton », le picard, un brin fou, trompettiste à ses heures,

Aurélien « lou pastre », le varois, toujours prêt pour une pétanque et un pastis (ou deux),

Joshua, le naturaliste, amateur de bonnes bières,

Greg le normand, grand voyageur à l’esprit raisonné, et

Louis, second membre du pays du Calvados, guitariste vagabond fan de son transporteur !

 

Geneviève - formatrice de l’école du Merle - si tu me lis, merci pour tout ce que tu nous as enseigné, c’était très instructif.  Jean-Marc, pareil,  scientifique dans l’âme, ne change rien. Quant aux autres intervenants de Salon, Champoléon et Valberg, merci pour tous vos conseils et l’art de transmettre votre savoir.

 

Papa & Thomas - mon frère - merci de me soutenir dans tous mes projets de vie. Maman de là-haut, j’espère que tu es fière de moi.

 

Enfin, je remercie l’équipe du Geiq pour m’avoir fait confiance jusqu’au bout. La preuve en est, je n’ai qu’une hâte : celle de retourner garder ces bandes de folles en estive !

 

Trêve de plaisanterie, bravo à celles et ceux qui m’auront lue jusque là, j’ai parfois tendance à  m’évader. J’espère vous avoir donné envie d’aller à la rencontre de ce milieu, ne serait-ce que pour la curiosité de savoir comment la viande ou le fromage qui arrive dans votre assiette est produit.

Je dédicace le mot de la fin à mes braves toutous de l’été dernier, je les porterai toujours dans mon cœur. Vraiment, ils m’ont tant apporté : Berger & Broc.

 

Gaëlle Marday

 


Camille POSOCCO, GEIQeur 2013/2014

" Voici mon contrat fini, 12 mois de garde à résumer en quelques lignes.

 

Au début, à la belle saison, tout est à apprendre : on court, on stresse, on oublie. Mais aussi on découvre, on essaye, on réussi. Trouver l’équilibre entre le « laisser faire » tant souhaité des éleveurs et la présence au troupeau requise pour un bon gardiennage n’est pas toujours facile. Mais petit à petit la compréhension arrive, la connaissance du terrain et des biais des brebis aussi. La relation avec le chien se développe. L’esprit se détend.

 

A ce moment là on change d’éleveur, de chien, de troupeau et de lieu de pâturage. Les relations sont à recréer, il faut retrouver ses repères. Heureusement cela se fait plus rapidement, l’expérience aide.

A ce moment là encore, l’hiver arrive. L’agnelage pour certains, que l’on envie les jours de pluie. Rajoutons des conditions de logement pas toujours facile, l’humidité, le froid, et l’hiver semble un peu long.

 

Mais la motivation est toujours là. Motivation de finir ce qui a été commencé, de réussir à passer l’hiver et surtout de continuer à apprendre pour être le plus prêt possible pour l’été qui arrive et ainsi oser franchir le pas en essayant de faire berger d’estive.

 

Beaucoup de gens à qui je parlais m’ont demandé si je ne me sentais pas trop seul. La réponse est « parfois oui et souvent non ». A travers le GEIQ, j’ai eu la chance d’apprendre et d’évoluer dans ce milieu accompagné des autres aide-bergers, des formateurs, des bergers de l’école du Merle, de Julien puis Marie, des éleveurs et de leur famille. Ont aussi compté la présence des bêtes : moutons, chèvres, patous et chiens de conduite ; De la faune sauvage ; Ainsi que la rencontre avec un randonneur ou un chasseur. Et bien sur la visite des proches.

 

Cette année a été très enrichissante et je salue cette initiative d’éleveurs de former des jeunes au métier de berger, surtout lorsque l’envie et la patience de transmettre leurs savoir-faires sont au rendez vous."

 

Camille


 

Benjamin MENONI, GEIQeur 2013/2014

 

" A celles et ceux qui, pour une raison ou une autre ont envie de vivre une expérience enrichissante, formatrice mais avant tout humaine.

 

Un an, voilà déjà un an que je garde des brebis, parti de rien, j’ai eu la chance d’apprendre, et de comprendre comment mener un troupeau. Travailler avec du « vivant » et les aléas que cela peut avoir…

 

Berger, ce métier qui laisse rêveur les promeneurs durant l’été, qui se demandent comment on fait pour vivre 3 mois en montagne ?

L’estive, un grand moment de liberté où l’on semble faire qu’un avec l’environnement qui nous entoure. Se remettre à notre juste place lorsque les éléments se déchaînent et que vous êtes seul dans ce grand espace, responsable des décisions pour mener à bien votre cheptel.

 

L’agnelage, dites moi dans quel métier, mis à part sage femme, vous aidez à donner la vie ?

Certes, l’agnelage est un travail rude, mais tellement attachant, lorsque vous voyez les agneaux naître, puis grandir « à toute vitesse »…

 

Ce contrat de professionnalisation permet de faire, pendant un an, un métier qui n’a pas d’âge, avec des personnes riches en savoir faire !

 

J’ai lu dans un livre un jour, « On ne naît pas berger, on le devient. »Alors, à celles et ceux qui désirent découvrir la mysticité de ce métier, soyez les bienvenus !! "

 

Benjamin

 


Julien PRAUD, GEIQeur 2012/2013.

 

"J'ai aimé évoluer dans la lenteur des rythmes naturels de la vie, entouré des éléments la constituant, dans le labeur d'une activité aux méthodes ancestrales.

 

Devenant salarié au sein du GEIQ, je suis devenu le témoin d'une réalité poignante de l'élevage extensif ovin. Dans la pénombre et le brouillard, je me suis étonné à faire complètement confiance aux troupeaux que les éleveurs nous confient. Un travail de partage et de sacrifice entre l'homme et la nature, ou le respect et l'amour sont pour moi les bases premières d'un élevage, d'une garde réussie. Entre terre et belle étoile, pas une journée ne se ressemble, aux fils des saisons, les paysages, le temps, nous accompagnent, marquant l'importance de telles méthodes de travail ayant un impact négatif minimum sur l’environnement.

 

En mon sens, la sauvegarde d'une biodiversité fragile, et d'une alimentation saine pour l'homme, dépendent de ces savoir-faire voués à s'enrichir tant humainement qu’écologiquement. Après cette année, je pense assurément qu'avec la connaissance pastorale, l'homme est alors un protecteur de la terre, à l'inverse des tendances actuelles liées au productivisme intensif. J'ai encore vu, cette année, la simplicité avec laquelle on peut faire le bien, comme la complexité de pouvoir faire le mal, tant humainement que sur un point strictement environnemental. Comme souvent, les solutions sont bien plus simples que les problèmes créés.

 

Le mental blindé de bonnes raisons, laissant suffisamment de place au cœur,  je me convains à penser que la douceur, ainsi que l'unité, remplit de bon sens et de compassion, peuvent faire changer l'ensemble des mortels. C'est dans ses nobles activités (paysans, pastres,... artisans..) que la vie prend pour moi tout son sens. Plus qu'un métier, ce travail est une vie, une culture à pérenniser ! Mais dans un monde où l'absurde permet d'avancer, ou les paradoxes révoltent, il est temps, oui !, de valoriser efficacement ces domaines trop oubliés.

 

Pour cela merci au GEIQ de tendre vers une cohésion collective, de donner la chance à la rencontre entre éleveurs souvent incompris, et jeunes souvent perdus dans un monde qui voudrait avancer sans eux. Une rencontre authentique vouée, je l’espère, à se pérenniser et évoluer pour que ses valeurs puissent continuer à vivre.

 

Dans la poussière d'azur se trouve quelques irréductibles, se posant réflexion et solution. La lumière et l'espoir se transmettent de génération en génération. Là se trouve mon bonheur d'avoir côtoyé ses personnages aussi divers que la faune et la flore les entourant.  

 

Merci d'être restés bruts, j'ai à présent plus de compréhension et les convictions gonflées à bloc pour rendre demain encore plus beau.

 

Inch Allah! Kenavo!! "

 

Julien